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Passé viticole et classements
Si les vins nouveaux de la période médiévale connurent une grande vogue durant la période Anglo-Gasconne, ce fut sous le règne bienfaiteur d’Henri IV que les conditions d’un grand vignoble moderne apparurent en Médoc. L’année suivante de l’Edit de Nantes, en 1599, la création de la Compagnie des Digues préluda à l’assainissement des marais « pestilentiels » du Médoc.
En 1601, le baron de Rosny, le futur duc de Sully, libéra l’exportation des vins. Cette heureuse décision porta les exportations vers l’Angleterre, l’Ecosse, les Pays-Bas et la Suisse à 1 million et demi d’écus par an, l’équivalent du budget annuel de la Maison du Roi. Avec la proscription du mélange des vins, en 1604, et, grâce à la nouvelle organisation de l’agriculture impulsée par Sully et Olivier de Serres, naquirent les premiers crus qui se distinguèrent par l’excellence de leurs vins du « tout-venant des vins de paroisse ».
Sous la régence d’Anne d’Autriche, les besoins du trésor royal devenant pressants, en 1647 l’intendance royale commanda à la Jurade de Bordeaux un inventaire des vins de Guyenne afin de les taxer selon leur valeur. Grâce à ses premiers crus historiques, dont le cru de Mont-Moytié, ancêtre de Léoville, faisait partie, le Médoc y tenait déjà la première place.